La durée ou horizon de placement

La durée ou horizon de placement d’un investissement peut être à court, moyen ou long terme. Découvrez, ci-dessous, la durée conseillée des divers placement financiers et immobiliers.

Sommaire

Quelle est la durée idéale d'un placement ?

On associe souvent la durée d’un placement au degré de disponibilité ou de liquidité que l’on souhaite obtenir.
Par exemple, le livret A est considéré comme un placement à court terme, parce que les sommes déposées sont disponibles immédiatement. Et, pourtant, certains épargnants y laissent la totalité de leurs économies durant toute leur vie !
A l’inverse, un investissement en actions est considéré comme un placement à moyen et long terme. Cependant, les « boursicoteurs » effectuent des transactions journalières, en permanence.
Dans ces deux exemples, on constate que la notion de durée peut être confondue avec la notion de disponibilité, de sécurité et de rentabilité.
Toutes ces considérations laissent à penser qu’il n’existe pas de durée idéale pour un placement !
En effet, pour un même placement, plusieurs critères peuvent influencer le choix de sa durée de conservation. Par exemple, l’âge de l’épargnant, la liquidité, le potentiel de gain. Ou encore, la date d’échéance d’un contrat, les incitations ou contraintes fiscales, etc.

Cependant, les conseillers en gestion de patrimoine s’accordent sur deux catégories de durée.
  1. L’horizon de placement, qui correspond à la durée pendant laquelle vous êtes disposé à placer votre argent.
  2. La durée de placement conseillée. Elle correspond à la durée minimale de conservation d’un placement, recommandée par les professionnels.

Comment choisir votre horizon de placement ?

La durée ou horizon de placement correspond à la période pendant laquelle vous êtes disposé à bloquer votre argent. Mais, tout en ayant la possibilité d’en disposer par anticipation, en cas d’urgence.
En pratique, le choix de la durée de conservation d’un placement peut varier selon les situations. Par exemple, en fonction de la nature des motivations que le placement doit satisfaire. Ou encore, en fonction des délais de réalisation de vos différents objectifs patrimoniaux.

La durée selon vos besoins et critères de choix

La durée de vos placements est souvent liée à un ou plusieurs critères, dont les 5 principaux sont les suivants :
  1. La disponibilité. Bien que la plupart des placements ne soient pas bloqués, certains sont plus disponibles que d’autres. Par exemple, si vous souhaitez retirer votre épargne de précaution immédiatement, choisissez des placements qui n’ont aucune durée contractuelle ou conseillée (ex : les livrets d’épargne).
  2. La sécurité. Si ce critère est important pour vous, choisissez n’importe lequel des placements bancaires. En effet, quelle que soit sa durée contractuelle, vous pourrez récupérer votre capital intégralement et à n’importe quel moment.
  3. La rentabilité. En général, une durée de placement minimale (sur plusieurs années), est nécessaire pour garantir une valorisation suffisante d’un capital. Surtout, si le placement est risqué. Il est donc préférable de respecter la durée de conservation conseillée.
  4. La fiscalité. Les avantages fiscaux sur les placements financiers sont le plus souvent accordés avec des contreparties. Soit, d’une durée de placement minimum à respecter (par exemple, 5 ans pour le PEA). Soit, d’une prise de risque (sur les placements en actions, par exemple). Sous peine de perdre les avantages fiscaux, vous devez conserver ces placements pendant la toute la durée prévue par la loi.
  5. La transmission. Si vos priorités concernent la transmission de vos capitaux, choisissez le placement qui permettra à vos héritiers d’en disposer rapidement, à votre décès. Par exemple, un contrat d’assurance-vie.

L'horizon de placement selon vos objectifs et leurs délais de réalisation

L’horizon de placement d’un investissement peut être liée à la durée de préparation et/ou à la date de réalisation de vos objectifs patrimoniaux.
Par exemple, pour constituer un apport personnel en vue de l’achat d’un bien immobilier, vous pourrez épargner, durant 4 ans, sur un plan d’épargne logement (PEL).
De même, pour préparer votre future retraite, vous serez peut-être obligé d’épargner sur une longue durée. Notamment, si vous souscrivez un plan d’épargne retraite (PER), dont le capital est généralement bloqué jusqu’à l’âge de votre retraite.

Durée conseillée des divers placements

Pour chaque catégorie de placement, les professionnels recommandent une durée minimale de conservation. Il s’agit d’une durée conseillée pour vous faire profiter, au maximum, des avantages de chaque produit.
C’est ainsi que les placements peuvent être classés en fonction de leur durée de conservation conseillée (à court, moyen ou long terme).

A. Les placements à court terme

D’une durée inférieure à 2 ans, les placements à court terme sont conseillés, si votre priorité est de récupérer le capital placé, intégralement et à tout moment.

Les supports de placements à court terme

Les principaux supports de placements à court terme sont les suivants :
  1. Epargne bancaire : livrets d’épargne réglementée ou ordinaire, comptes d’épargne logement (CEL), comptes et dépôts à terme.
  2. Epargne boursière : Organismes de Placements Collectifs (OPC), uniquement investis en placements monétaires.

Les critères de choix des placements à court terme

Les critères de choix en faveur des placements à court terme sont nombreux.
  • La disponibilité totale et immédiate de l’épargne.
  • La garantie du capital et des intérêts (sauf cas très particuliers).
  • L’ absence de frais sur l’épargne bancaire et très peu de frais sur les OPC monétaires.
  • Des formalités de souscription simples et rapides.

Les objectifs des placements à court terme

Les placements à court terme permettent d’atteindre plusieurs objectifs.
  • Faire fructifier votre épargne de précaution.
  • Rémunérer des liquidités en attendant de réaliser un projet.
  • Epargner régulièrement, pour constituer un apport personnel, en attendant, par exemple, d’investir dans l’immobilier.

Mais, en contrepartie de leur très grande sécurité, les placements à court terme sont généralement moins rentables. En outre, ils procurent peu d’avantages fiscaux et juridiques, par rapport aux placements à moyen et long terme. Le seul avantage fiscal se résume à l’exonération d’impôt liée aux livrets d’épargne réglementée. 

B. Les placements à moyen terme

Les placements à moyen terme permettent d’accéder à des supports de placements plus rémunérateurs que ceux de l’épargne à court terme. Et, notamment, d’épargner en bourse, si vous acceptez de bloquer votre épargne durant plusieurs années. La durée ou horizon de placement à moyen terme s’étend sur une période de 2 à 8 ans.
En effet, une durée d’épargne suffisante permet d’atténuer le risque lié à la détention d’actions ou d’obligations. Car, une durée à moyen terme réduit l’impact des fluctuations boursières à court terme.

Les supports de placements à moyen terme

Les principaux supports de placements à moyen terme sont les suivants :
  1. Epargne bancaire : Plans d’Epargne Logement (PEL), Comptes et Dépôts à terme (CAT).
  2. Epargne boursière actions et obligations en direct ou investies dans le cadre d’un Plan d’Epargne Entreprise (PEE) ou d’un Plan d’Epargne en actions (PEA) ; Organismes de Placement Collectif (OPC) investis en valeurs mobilières diverses.
  3. Assurance-vie : contrats de fonds en Euros ou en unités de compte.

Les critères de choix des placements à moyen terme

Les deux principaux critères de choix en faveur des placements à moyen terme sont les suivants :
  • Une possibilité de rentabilité plus élevée. Notamment, par le biais des intérêts d’obligations, des dividendes d’actions et des plus-values potentielles.
  • Des avantages fiscaux sur certains supports privilégiés. Mais, ces avantages sont accordés sous certaines conditions de durée. Par exemple : 5 ans pour le PEE et le PEA ; 8 ans pour le contrat d’assurance-vie.

Les objectifs des placements à moyen terme

Les placements à moyen terme permettent d’atteindre plusieurs objectifs :
  • Valoriser les capitaux dont vous n’avez pas besoin dans l’immédiat. Notamment, grâce aux placements qui procurent des plus-values (actions, obligations, Organismes de Placement Collectif).
  • Constituer une épargne régulière en attendant d’investir dans l’immobilier ou dans un autre projet.
  • Investir progressivement en bourse, plutôt que de placer une somme importante, en une seule fois.
  • Optimiser votre situation fiscale, grâce à l’exonération d’impôts de certains supports.
  • Percevoir des revenus complémentaires en privilégiant les placements qui distribuent des revenus. Ou encore, en réalisant des retraits partiels sur les contrats d’assurance-vie ou sur un compte-titres.
  • Transmettre un capital en privilégiant vos proches. Et aussi, réduire les droits de succession dus par les bénéficiaires. Notamment en souscrivant des contrats d’assurance-vie.
Mais, en contrepartie d’une meilleure rentabilité, les placements à moyen terme présentent des inconvénients.
  • Ils sont généralement moins disponibles que les placements à court terme, bien qu’ils ne soient pas bloqués.
  • L’épargne boursière présente des risques en capital.
  • Le niveau des frais est assez élevé, surtout sur les contrats d’assurance-vie et les OPC.
  • Les formalités de souscription, la compréhension et la réglementation des placements à moyen terme sont assez complexes.

C. Les placements à long terme

D’une durée supérieure à 8 ans, les placements à long terme permettent d’accéder à certains marchés (notamment, le marché immobilier). Ces marchés peuvent s’avérer rentables et assez sûrs, si la durée de placement recommandée est respectée.

Les supports de placements à long terme

Les principaux supports de placements à long terme sont les suivants :
  1. Epargne boursière : portefeuilles de valeurs mobilières en actions (compte titres ou PEA) et en obligations, Organismes de Placement Collectif (OPC) en actions, épargne salariale investie en valeurs mobilières (PEE).
  2. Assurance-vie : contrats de fonds en Euros ou en unités de compte.
  3. Plans d’Epargne Retraite bancaire ou PER assurance (individuel ou en entreprise).
  4. Investissements immobiliers : immobilier locatif en direct ou en parts (OPCI, SCPI, SCI).

Les critères de choix des placements à long terme

Les principaux critères de choix en faveur des placements à long terme sont assez similaires à ceux des placements à moyen terme :
  • Une rentabilité plus élevée, par le biais de revenus financiers (ou fonciers) et grâce aux plus-values potentielles.
  • Des avantages fiscaux sur certains supports privilégiés. Par exemple, les versements volontaires sur l’épargne-retraite sont déductibles des revenus imposables (dans une certaine limite). L’investissement immobilier neuf locatif donne droit à des réductions d’impôts, à condition de conserver le bien pendant une durée de 6, 9 ou 12 ans.

Les objectifs des placements à long terme

Les placements à long terme permettent d’atteindre plusieurs objectifs :
  • Constituer progressivement un portefeuille de valeurs mobilières moins sensible aux fluctuations boursières.
  • Epargner à crédit en investissant dans l’immobilier locatif, par exemple.
  • Rentabiliser vos capitaux, grâce aux plus-values des actions, d’OPC d’actions ou de Sociétés Civiles de Placement Immobilier.
  • Optimiser votre situation fiscale, grâce aux avantages fiscaux de certains supports.
  • Percevoir des revenus de certains placements : OPC de distribution ; immobilier locatif en direct ou en parts (SCPI, OPCI, SCI) ;  assurance-vie ou compte titres en effectuant des retraits partiels programmés.
  • Transmettre un capital en privilégiant vos proches et en diminuant les droits de succession des bénéficiaires (par un contrat d’assurance-vie).
En contrepartie, les placements à long terme rentrent dans la catégorie des placements les moins disponibles, car ils doivent être conservés assez longtemps, pour 3 raisons :
  1. Assurer une bonne valorisation du capital, en limitant les aléas liés aux cycles de vie des produits boursiers ou immobiliers.
  2. Diminuer le risque de pénalités fiscales ou de perte en capital, en cas de récupération du capital avant l’échéance prévue. Ou encore, amortir les frais d’acquisition des biens immobiliers, notamment.
  3. Respecter le délai nécessaire pour récupérer le capital placé. En effet, l’épargne-retraite n’est disponible qu’à l’âge de la retraite (sauf cas de force majeure). Pour un bien immobilier, il faut rechercher un éventuel acquéreur et les formalités de cession sont parfois longues.

En conclusion, il est important de veiller à diversifier vos horizons de placement en fonction d’une part, de vos différents besoins. Et, d’autre part, des dates de réalisation de vos objectifs patrimoniaux.

Investir en plusieurs fois

Pour vous constituer un capital en prévision d’un investissement ou de votre retraite, il est recommandé d’épargner régulièrement.
Par exemple, vous pouvez effectuer tous les mois, un virement ou prélèvement automatique sur un compte d’épargne ou contrat d’assurance-vie.
De même, sur les marchés d’actions cotées en bourse, il vaut mieux investir de manière régulière. Plutôt que d’investir en une seule fois, une somme importante. Cela permet d’éviter le risque d’investir à contretemps, si les cours baissent.
Cette technique permet de lisser le prix d’achat des titres qui seront valorisés à leur prix moyen.
NB. Les banques proposent ce service dans le cadre d’un Plan d’Investissement Progressif (PIP).

Anticiper un désengagement

Avant de réaliser un investissement à long terme, vous devez prévoir sa durée potentielle et les conditions dans lesquelles vous pourrez récupérer votre capital.
En effet, rompre prématurément un contrat à long terme peut être compliqué ou couteux. En outre, cela peut réduire considérablement le taux de rendement d’un investissement.
C’est pourquoi, vous devez anticiper les modalités et les conséquences d’un désengagement avant le terme prévu.
Par exemple, pour optimiser un capital-retraite ou un contrat d’assurance-vie multi-support, il est judicieux de privilégier, d’abord, le marché des actions. Ensuite, sur les dernières années du contrat, il est souhaitable de réorienter votre épargne sur le marché obligataire pour sécuriser le capital accumulé.
Enfin, il existe des « formules de gestion à horizon » qui sécurisent progressivement votre épargne en fonction de la durée restant à courir.

Liens utiles ...

  • ANACOFI-CIF – Association Nationale Des Conseils Financiers : www.anacofi.asso.fr
  • CNCGP – Chambre Nationale des Conseillers en Gestion de Patrimoine (ex CIP) : www.cncgp.fr
  • CNCIF – Chambre Nationale Des Conseillers En Investissements Financiers : www.cncef.org
  • LA COMPAGNIE DES CGP-CIF- La Compagnie Des Conseils En Gestion De Patrimoine – CIF : www.lacompagniedescgp-cif.fr
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