Les livrets d'épargne

Les livrets d’épargne s’ouvrent auprès de tous les établissements financiers, banques et organismes de crédits, agrées, en France, par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).

En pratique, ces livrets rémunèrent les sommes déposées, qui sont disponibles à tout moment.
Cependant, il existe 2 sortes de livrets d’épargne :
  1. Les livrets d’épargne réglementée, dont les pouvoirs publics fixent et modifient leurs caractéristiques, à leur gré.
  2. Les livrets bancaires ordinaires (LBO) dont les conditions de fonctionnement et les taux d’intérêt sont librement fixés par les établissements financiers.
Sommaire

Pourquoi détenir des livrets d'épargne ?

Détenir des livrets, c’est réaliser plusieurs objectifs :
  • D’abord, créer un capital financier en toute sécurité. Par exemple, pour préparer un achat immobilier.
  • Ensuite, rémunérer votre épargne de précaution, plutôt que de la laisser dormir sur votre compte chèques.
  • En outre, percevoir des intérêts exonérés d’impôts (Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune).

C’est pourquoi, aujourd’hui, près de 84% des épargnants possèdent un livret d’épargne.

Fonctionnement des livrets d'épargne

Ouverture d'un livret

Ouvrir un livret d’épargne, c’est signer un contrat avec un organisme financier. Le contrat vous informe sur les points suivants :
  • Les conditions générales et les règles de dépôt et de retrait (montant minimum de dépôt, date valeur des dépôts et des retraits).
  • La rémunération (taux d’intérêt, critères de calcul et de paiement des intérêts).

Cependant, il faut respecter certaines conditions pour ouvrir les livrets d’épargne réglementée par l’Etat.

Règles de fonctionnement des livrets

Tous les livrets fonctionnent selon les même principes, assez simples :
  • A l’ouverture du compte, vous effectuez un versement minimum. Et ensuite, les versements et les retraits sont libres (soit en espèces, soit par virement).
  • La totalité du capital (plus intérêts) est disponible à tout moment.
  • La durée d’un livret épargne est indéterminée.
  • Leur taux change selon l’évolution de la conjoncture.
  • Le calcul des intérêts s’effectue par quinzaine.
  • Il n’y a aucun frais d’ouverture ou de fonctionnement sur un livret d’épargne.
  • La clôture s’effectue par courrier ou au guichet de votre banque.

Les 2 catégories de livrets

Il existe 2 catégories de livrets d’épargne, ayant leurs propres particularités. D’une part, les livrets d’épargne réglementée et d’autre part, les livrets bancaires ordinaires (LBO).

Les livrets d’épargne réglementée

Seul, l’Etat définit et modifie les caractéristiques des livrets d’épargne réglementée. Notamment, sur les points suivants :
  • le taux d’intérêt ;
  • la fiscalité, très favorable ;
  • la qualité des bénéficiaires ;
  • le taux de détention (un seul livret de chaque par personne) ;
  • le plafonnement des dépôts.

Les principaux livrets d’épargne réglementée sont les suivants : livret A (ou bleu) ; LDDS (livret de développement durable et solidaire) ; LEP (Livret d’épargne populaire) ; livret jeune et CEL (compte épargne logement).

Les livrets bancaires ordinaires (LBO)

En pratique, les livrets bancaires ordinaires présentent des caractéristiques moins contraignantes que les livrets d’épargne réglementée. Par exemple :
  • chaque personne peut posséder plusieurs livrets bancaires ordinaires ;
  • la possibilité d’ouvrir ces livrets en comptes joints ;
  • le montant des dépôts est illimité ;
  • Les banques fixent librement les taux d’intérêts. Certaines banques proposent des super livrets, dont les taux sont « boostés », pendant une période déterminée ;
  • leurs intérêts subissent l’impôt sur le revenu et les prélèvement sociaux.

Particularités des livrets d'épargne

Les particularités des livrets correspondent aux 5 critères les importants pour les particuliers : rentabilité, sécuritédisponibilité, fiscalité et transmission.

Rentabilité

En général, la rentabilité (gain obtenu) de tout placement financier s’estime en taux de rendement annuel (TR). Ce taux doit être suffisant pour couvrir les impôts éventuels. Mais, aussi pour compenser l’érosion monétaire (taux d’inflation).
Alors, qu’en est-il de la rentabilité des livrets d’épargne ?

Les revenus des livrets d’épargne

Les livrets sont des produits de taux qui rapportent, uniquement, des intérêts. Ils ne procurent aucune plus-value (ni moins-value), contrairement aux valeurs mobilières.
En outre, les livrets d’épargne comprennent 2 catégories de taux d’intérêt : les taux fixés par l’Etat et les taux fixés librement par les organismes financiers.

Les taux fixés par l’Etat
Seul, l’Etat fixe ou modifie les taux d’intérêt des livrets d’épargne réglementée. En pratique, ces taux varient 2 fois par an (en février et en août). La variation de ces taux dépend de ceux des marchés monétaires et du taux d’inflation.
Depuis le 1.8.2022, les taux d’intérêt annuels et les plafonds de dépôts sur les livrets d’épargne réglementées ont les suivants (1) :
  • LEP (4,6% net), plafond 7 700 €.
  • Livret A ou bleu (2% net), plafond 22 950 € ; LDDS (2% net), plafond 12 000 € ; livret jeune (taux libre avec un minimum de 2% net), plafond 1 600 €.
  • CEL (0,25% brut, hors prime), plafond 15 300 €.

(1) Les intérêts nets sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; les intérêts bruts sont soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux.

Les taux libres
Les banques fixent librement les taux des livrets bancaires ordinaires (LBO). Mais, ceux-ci dépendent étroitement des taux pratiqués sur les marchés monétaires et financiers.

En 2022, les taux des livrets bancaires ordinaires se situent entre 0,10% et 1% l’an.

A savoir ! Les taux des livrets bancaires ordinaires font l’objet d’une vive concurrence entre les établissements.
Pour obtenir un bon taux, renseignez-vous auprès de différentes banques ou d’intermédiaires en ligne. Notamment, si vous souhaitez placer un montant important.
Mais, en contrepartie, vous devrez consacrer du temps et de l’énergie, pour rechercher les meilleurs taux. Et, aussi, pour transférer vos capitaux d’une banque à l’autre.

Les livrets d’épargne et l’inflation

Depuis 2017, les taux d’intérêts de la plupart des produits d’épargne bancaire sont inférieurs au taux d’inflation. En effet, le taux d’inflation s’élevait à 1% en 2017 ; 1,8% (2018) ; 1,10% (2019) ; 0,50% (2020) ; 2,8% (2021). Cependant, fin juillet 2022, le taux d’inflation s’élevait à 6,1% sur 1 an. 
NB. Si vous avez le droit de posséder un LEP, n’hésitez pas à y placer vos liquidités, en priorité. Car, c’est le livret d’épargne qui protège le mieux votre épargne contre l’inflation.

Taux des livrets d'épargne réglementée et de l'inflation (source Insee)

Conclusion sur la rentabilité des livrets d’épargne

En conclusion, les taux d’intérêt réels de la plupart des livrets sont négatifs (après déduction du taux d’inflation).
Cependant, les livrets d’épargne possèdent quelques arguments en leur faveur :
  • Cette situation est assez récente (depuis 2017). En effet, de 1985 à 2016 (31 ans), les taux réels des livrets d’épargne étaient positifs (graphiques ci-dessus).
  • Les livrets d’épargne ne supportent aucun frais, contrairement à d’autres catégories d’épargne.
  • Quatre livrets d’épargne réglementée procurent des intérêts totalement exonérés d’impôts.

Cependant, la rentabilité est une caractéristique essentielle de tout placement. C’est pourquoi, ne placez qu’une partie de votre patrimoine financier sur les livrets. Uniquement, votre épargne de précaution, qui doit être disponible à tout moment.
Car, sur le long terme, orientez plutôt votre épargne sur des placements plus rentables, mais aussi plus risqués !

Sécurité

Les livrets offrent une excellente sécurité :
  1. Il n’y a pas de risque en capital, contrairement à l’épargne boursière.
  2. La garantie de l’Etat couvre l’épargne placée sur un livret A, le LEP et le LDDS. Et, votre banque garantit l’épargne de tous les autres livrets.
  3. En outre, si votre banque fait faillite, un fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) vous indemnise. La garantie des dépôts couvre, jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement (soit, 100 000 € dans chaque banque et 200 000 € par compte joint). Pour en savoir plus sur la garantie des dépôts et de résolution et les exclusions, cliquez ici : www.garantiedesdepots.

Les livrets d’épargne font partie des placements les plus sûrs, avec l’assurance-vie en euros. Notamment, grâce aux excellentes garanties sur le capital placé.
C’est pourquoi, la majorité des français privilégie les livrets d’épargne, malgré la faiblesse de leurs taux d’intérêts. En effet, la sécurité est une caractéristique essentielle de tout placement.
Cependant, si vous souhaitez investir sur des placements plus rentables, mais plus risqués, définissez d’abord votre profil d’épargnant. C’est à dire, votre comportement envers le risque. Vous pouvez choisir parmi l’un des 4 profils suivants : sécuritaire, prudent, équilibré ou dynamique.

Disponibilité des livrets

Les livrets offrent une disponibilité totale et immédiate. La meilleure disponibilité de tous les placements !
En effet, vous pouvez retirer à tout moment, la totalité des fonds placés. Que ce soit en espèces, par virement sur votre compte chèques ou sur un autre produit d’épargne.

Fiscalité des livrets

Au 1er janvier 2018, L’IFI (impôt sur la fortune immobilière) a remplacé l’ISF (impôt sur la fortune). Depuis, les capitaux déposés sur les livrets d’épargne ne sont pas taxés à l’IFI. Cependant, les intérêts procurés par certains livrets d’épargne sont imposables. Seuls, les intérêts de quatre livrets d’épargne réglementée bénéficient d’une exonération totale d’impôts.

Les livrets exonérés d’impôts

Quatre livrets d’épargne réglementée procurent des intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux : Livret A ou livret bleu du Crédit Mutuel ; LDDS (livret de développement durable et solidaire) ; LEP (livret d’épargne populaire) et livret jeune.

Important : Les intérêts des livrets exonérés ne font pas partie du revenu fiscal de référence (RFR) de votre foyer fiscal. Ce dernier servant de base de calcul pour l’attribution de certains avantages sociaux ou fiscaux.

Les livrets d’épargne imposables

Hormis les 4 livrets exonérés, les autres livrets d’épargne procurent des intérêts imposables.
En effet, leurs intérêts subissent le PFU (prélèvement forfaitaire unique) au taux de 30% (dont 12,8% d’impôt et 17,2% de prélèvements sociaux).
Ainsi, en percevant un intérêt brut au taux de 1% sur un livret bancaire ordinaire, il vous restera 0,70% d’intérêts nets d’impôts, après avoir acquitté le PFU de 30% (1% – 30% = 0,70%). Mais, si vous êtes non imposable ou faiblement imposé, optez pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu (plus prélèvements sociaux).
Les intérêts des livrets d’épargne suivants sont imposables : les livrets bancaires ordinaires (et les livrets B) et le compte épargne logement (CEL).

NB. La fiscalité des intérêts versés sur les comptes épargne logement (CEL) varie, selon leur date d’ouverture :
  • Depuis le 1.1.2018, les intérêts du CEL subissent l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
  • Les intérêts des CEL ouverts avant 2018, sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais soumis aux prélèvements sociaux.

Transmission des livrets

Les modalités de transmission des livrets d’épargne sont différentes selon qu’il s’agit soit, d’une transmission en cours de vie, soit d’une transmission après le décès du titulaire.

Au cours de la vie

Tant qu’il est vivant, le titulaire d’un livret dispose de tous ses capitaux comme il l’entend. Il peut, soit les retirer, soit en effectuer des donations au profit d’un tiers.
Dans tous les cas, ces opérations doivent respecter les procédures bancaires en vigueur. Notamment, elles apparaissent sur les relevés de compte, pour servir de justificatifs en cas de contestations de tiers, des héritiers ou de l’administration fiscale.

Après le décès

D’abord, dès qu’elle a connaissance du décès, la banque bloque tous les livrets d’épargne individuels, ouverts au nom du défunt.
Seuls les livrets bancaires ordinaires « joints » continuent à fonctionner après le décès, si le co-titulaire est le conjoint survivant.
Ensuite, la banque attend que les héritiers se manifestent, soit directement auprès d’elle, soit par l’intermédiaire du notaire chargé de la succession.
En outre, la banque prélève des frais d’ouverture et de traitement de dossier succession dont le montant varie selon la banque. Par exemple, le montant des frais s’élève entre 250 € et 300 €, pour un actif successoral de 15 000 €.
Entre temps, les frais d’obsèques peuvent être payés par le débit des comptes bloqués, s’il y a des liquidités disponibles.

Enfin, une fois que la banque a reçu l’acte de dévolution de l’actif successoral, elle engage des formalités spécifiques pour chaque type de compte bancaire :
  • Elle clôture les livrets d’épargne réglementée (livret A, LDDS, LEP, CEL…). Et, elle remet aux héritiers les soldes de ces comptes.
  • Elle bloque les fonds des autres livrets individuels, jusqu’au règlement de la succession. Ensuite, la banque transfère les fonds aux héritiers bénéficiaires.

Conclusion sur la transmission

Souvent, les formalités nécessaires pour accéder à l’argent du défunt sont complexes.
Dans tous les cas, les avoirs appartenant en propre au défunt, nécessitent une déclaration de succession. Les héritiers directs ou légataires, payent, éventuellement, des droits de succession.
En outre, les héritiers attendent un certain délai, parfois assez long, avant de récupérer le solde des comptes bloqués.

C’est pourquoi, vous devez limiter, autant que possible, les sommes susceptibles d’être bloquées, à votre décès.
Sachez que, pour les successions inférieures à 5 000 €, les héritiers peuvent établir eux-mêmes un certificat d’hérédité
Au delà et lorsque le défunt possédait un bien immobilier, un notaire établit un acte de notoriété (payant : environ 70 € TTC + débours). Les héritiers doivent présenter ces documents pour percevoir les sommes bloquées dans une banque.

Avantages et inconvénients des livrets d'épargne

Les livrets d’épargne réunissent plusieurs avantages en leur faveur :
  1. De solides garanties assurent la sécurité du capital placé. Notamment, celles de l’Etat (livret A, LEP, LDDS), des banques et du fonds de garantie des dépôts et résolution.
  2. La disponibilité des livrets d’épargne est totale et immédiate.
  3. Il n’y a aucun frais de souscription ou de fonctionnement. C’est un avantage sur le plan de la rentabilité, par comparaison avec des placements qui rapportent plus, mais qui sont plus coûteux.
  4. Les intérêts de certains livrets d’épargne réglementée sont exonérés totalement d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (livret A, LEP, LDDS, livret jeune).
Mais, ils présentent les quelques inconvénients :
  1. Une faible rentabilité. Aujourd’hui, avec des taux réels négatifs (après inflation), la plupart les capitaux placés sur les livrets d’épargne bancaire perdent du pouvoir d’achat.
  2. Peu d’avantages fiscaux. Les livrets d’épargne n’offrent pas la possibilité de réduire vos impôts sur le revenu ou de diminuer les droits de succession à votre décès.
  3. Des conditions de transmission défavorables. Au décès de leur titulaire, les livrets individuels sont bloqués et les fonds déclarés en succession. 

Conseils pratiques sur les livrets d'épargne

Sécurisez davantage votre épargne
  • Diversifiez vos livrets d’épargne dans plusieurs banques, surtout si leurs montants plafonds sont atteints. Ainsi, vous augmenterez le montant des garanties, si l’une ou l’autre de vos banques rencontre des difficultés.
  • Ouvrez des comptes joints (pour vos livrets bancaires ordinaires), si vous vivez en couple. La gestion des comptes est facilitée. Notamment en cas de décès de l’un co-titulaire.
Boostez la rentabilité de vos livrets d’épargne
  • Cumulez plusieurs livrets d’épargne réglementée dans votre foyer. Chaque personne peut détenir : un LEP, un Livret A, un LDDS, un Livret jeune et un CEL, à condition de respecter leurs conditions d’accès.
  • Privilégiez les livrets exonérés d’impôts les mieux rémunérés. Et, complétez-les jusqu’à leurs plafonds respectifs. D’abord, le LEP (4,6%), si vous y avez droit. Ensuite, le livret jeune, pour vos enfants (> 2%). Et enfin, le livret A (2%) et le LDDS (2%).
  • Comparez les taux des livrets bancaires ordinaires, auprès de vos banques ou des banques en ligne. En effet, certains de ces taux d’intérêts sont « boostés », pendant certaines périodes.
Optimisez votre fiscalité
  • Si vous êtes imposable, remplissez vos livrets exonérés, jusqu’au plafond. Ce n’est qu’ensuite, que vous devez ouvrir un livret bancaire ordinaire, car ses intérêts sont imposables.
  • Si vous n’êtes pas imposable, préférez les taux bruts des livrets bancaires ordinaires. Notamment, s’ils sont supérieurs aux taux nets des livrets d’épargne réglementée (après paiement des prélèvements sociaux). Et, demandez la dispense du PFU (prélèvement forfaitaire unique), auprès de votre banque.
Attention !

Les livrets d’épargne ne constituent pas la solution idéale pour valoriser votre épargne à long terme. En effet, ils sont plutôt destinés à rémunérer votre épargne de précaution, en toute sécurité et disponibilité. Et pourtant, trop de français y laissent dormir toutes leurs économies « ad vitam aeternam ».
Il existe d’autres placements plus rémunérateurs et aussi bien sécurisés. Notamment, le PEL (plan d’épargne logement), le compte à terme (CAT) et l’assurance-vie en euros.

Liens utiles ...

Retour haut de page