Faut-il déclarer les intérêts du Livret A aux impôts ?
Non. Les intérêts du Livret A ne se déclarent pas aux impôts : ce livret réglementé est totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, sans aucune démarche de votre part. Mais cette exonération ne vaut pas pour tous les livrets et plusieurs erreurs fréquentes génèrent des déclarations incomplètes ou erronées.
La campagne de déclaration des revenus 2025 ouvre le 9 avril 2026. C’est le bon moment pour vérifier votre situation.
Livret A, LEP, LDDS, Livret Jeune : aucune déclaration à faire
Les livrets réglementés bénéficient d’une exonération totale, posée par l’article 157 du Code général des impôts. Cette exonération couvre à la fois l’impôt sur le revenu et l’intégralité des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité). Vous percevez vos intérêts en totalité, sans retenue à la source.
Votre banque ne vous adressera pas d’IFU (Imprimé Fiscal Unique) pour ces produits. Il n’y a rien à mentionner dans votre déclaration. Depuis le 1er février 2026, le Livret A est rémunéré à 1,5 % et le Livret d’Épargne Populaire (LEP) à 2,5 %, nets de toute fiscalité.
Le Livret A, le LEP, le LDDS et le Livret Jeune ne génèrent aucune obligation déclarative. Ne les inscrivez pas dans votre déclaration de revenus.
Les livrets qui doivent être déclarés
Tous les livrets ne bénéficient pas de cette protection. Les livrets bancaires ordinaires et certains plans d’épargne logement sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU). La confusion est fréquente car ces produits ressemblent en apparence aux livrets réglementés.
| Produit d’épargne | Imposable ? | Régime fiscal |
|---|---|---|
| Livret A / LDDS / LEP / Livret Jeune | Non | Exonéré IR + prélèvements sociaux |
| PEL ouvert avant 2018 | Non (avant 12 ans) | Exonéré IR jusqu’à 12 ans puis PFU |
| PEL ouvert depuis 2018 | Oui | PFU 31,4 % dès la 1re année |
| CEL ouvert depuis 2018 | Oui | PFU 31,4 % |
| Livret bancaire ordinaire (Livret+, Super Livret…) | Oui | PFU 31,4 % |
| Compte à terme | Oui | PFU 31,4 % |
Depuis le 1er janvier 2026, le taux du PFU est passé à 31,4 % du fait de la hausse de la CSG de 1,4 point. Si vous détenez un livret bancaire ordinaire ou un PEL ouvert depuis 2018, vos intérêts 2025 sont soumis à ce nouveau taux. Pour comprendre le détail de cette hausse, consultez notre analyse de la flat tax 2026 à 31,4 %.
Comment remplir votre déclaration pour les intérêts imposables
Si vous détenez un livret bancaire ordinaire, un PEL récent ou un compte à terme, votre banque vous a transmis un IFU en début d’année. Ce document récapitule les revenus imposables et les prélèvements déjà effectués. La déclaration est généralement préremplie : vérifiez que les montants correspondent à votre IFU avant de valider.
Quatre cases de la déclaration de revenus concernent ces intérêts. La case 2TR accueille les intérêts bruts perçus sur vos livrets bancaires, PEL ou comptes à terme. La case 2BH concerne les revenus déjà soumis aux prélèvements sociaux avec CSG partiellement déductible, si vous optez pour le barème. La case 2CK correspond au montant du prélèvement forfaitaire obligatoire (PFO) déjà prélevé à la source par votre établissement financier. La case 2OP vous permet d’opter pour le barème progressif à la place du PFU.
La case 2CK est essentielle : elle représente l’acompte déjà versé en cours d’année. Ne pas la renseigner revient à payer deux fois le même impôt. Votre IFU mentionne ce montant précisément : reportez-le à l’identique.
PFU ou barème progressif : quel choix pour les livrets imposables ?
Le PFU à 31,4 % s’applique par défaut. Mais si votre tranche marginale d’imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %, opter pour le barème progressif est systématiquement plus avantageux. La rupture se situe exactement entre ces deux tranches.
Prenons un exemple concret. Un contribuable en TMI à 11 % perçoit 2 000 € d’intérêts sur un livret bancaire ordinaire. Au PFU à 31,4 %, il paie 628 €. Avec l’option barème (IR 11 % + prélèvements sociaux 18,6 % = 29,6 %), il paie 592 €. L’économie de 36 € peut paraître modeste sur ce seul placement. Elle se multiplie significativement si le contribuable dispose de plusieurs livrets bancaires ou d’un PEL récent avec un encours conséquent.
Nous vous conseillons de simuler les deux options à chaque déclaration. L’option barème (case 2OP) est réversible d’une année sur l’autre : elle n’engage pas les années suivantes. Attention toutefois : cette option s’applique à l’ensemble de vos revenus du capital pour l’année, pas uniquement aux intérêts de livrets.
Les erreurs courantes à éviter
Ce sujet génère des confusions récurrentes que nous rencontrons lors des bilans patrimoniaux. Voici les quatre pièges les plus fréquents.
Erreur n°1 : déclarer les intérêts du Livret A « par précaution ». Certains contribuables inscrivent leurs intérêts de Livret A en case 2TR par excès de zèle. C’est inutile et potentiellement source d’erreur : l’administration fiscale pourrait calculer un impôt sur des revenus exonérés. Ne déclarez que les montants mentionnés sur votre IFU.
Erreur n°2 : oublier les intérêts d’un PEL ouvert depuis 2018. Les plans d’épargne logement ouverts depuis le 1er janvier 2018 sont imposables dès la première année, contrairement aux anciens PEL. Si vous en détenez un, vérifiez votre IFU : les intérêts figurent en case 2TR et un acompte a généralement déjà été prélevé (case 2CK).
Erreur n°3 : confondre PFO et PFU. Le prélèvement forfaitaire obligatoire (PFO) est un acompte prélevé à la source par votre banque en cours d’année. Le PFU (31,4 %) est le taux d’imposition définitif. Si la case 2CK est correctement renseignée, il n’y a pas de double imposition : l’acompte s’impute sur le montant final dû lors de la régularisation.
Omettre la case 2CK dans votre déclaration revient à ignorer l’acompte déjà versé à l’administration. Vous payez alors deux fois le même impôt. Contrôlez systématiquement votre IFU et reportez le montant exact.
Erreur n°4 : ne pas simuler l’option barème en TMI faible. Les contribuables non imposables ou en TMI 11 % acceptent souvent le PFU par défaut. Ils laissent ainsi de l’argent sur la table. Simulez les deux cas avant de valider votre déclaration.
Ce qu’il faut retenir : le Livret A, le LEP, le LDDS et le Livret Jeune sont totalement exonérés, sans déclaration. Les livrets bancaires et PEL ouverts depuis 2018 sont imposables au PFU 31,4 %. Reportez votre IFU exactement (cases 2TR et 2CK). Si votre TMI est de 0 % ou 11 %, optez pour le barème via la case 2OP. Ne déclarez jamais vos intérêts de Livret A.
Questions fréquentes sur la déclaration des intérêts de livrets
Voici les questions les plus fréquentes que nous recevons sur ce sujet.
Faut-il déclarer les intérêts du Livret A dans sa déclaration de revenus ?
Non. Le Livret A est exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Vous n’avez rien à renseigner dans votre déclaration. Votre banque ne vous enverra pas d’IFU pour ce produit puisque ses intérêts ne sont pas imposables.
Les intérêts du LEP sont-ils imposables ?
Non. Le Livret d’Épargne Populaire bénéficie de la même exonération totale que le Livret A. Ses intérêts ne sont ni soumis à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux. Depuis le 1er février 2026, le LEP est rémunéré à 2,5 % net de toute fiscalité.
Le PEL est-il toujours exonéré d’impôts ?
Cela dépend de la date d’ouverture. Les PEL ouverts avant le 1er janvier 2018 restent exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’à leur douzième anniversaire. Après 12 ans, leurs intérêts sont soumis au PFU. Les PEL ouverts depuis 2018 sont imposables au PFU de 31,4 % dès la première année sans aucune période de grâce.
Quelles cases remplir pour des intérêts de livret bancaire ?
Les intérêts d’un livret bancaire ordinaire s’inscrivent en case 2TR. Si votre banque a prélevé un acompte (PFO) en cours d’année, reportez ce montant en case 2CK. Pour opter pour le barème progressif à la place du PFU, cochez la case 2OP. Toutes ces informations figurent dans l’IFU remis par votre banque.
Le Livret A est-il pris en compte pour le calcul de la prime d’activité ?
Non. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP ne sont pas considérés comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. En revanche, les intérêts de livrets bancaires ordinaires et de PEL récents sont imposables et intègrent le revenu fiscal de référence, qui peut influencer certaines prestations sociales. Il convient de vérifier ce point si vous êtes proche d’un seuil d’éligibilité.